Grégory LABILLE

INTERVENTION DE MONSIEUR DANIEL DUBOIS PRESIDENT DU GROUPE CENTRE ET NON-INSCRITS Ouverture du budget primitif de 2010 Lundi 7 décembre 2009

Monsieur le Président, Mes Chers Collègues,

Mesdames et Messieurs les Directeurs et Chefs de Service,

Mesdames, Messieurs,

 

 

Vous nous avez réunis cet après-midi et nous sommes soulagés. Nous avons craint que vous ne puissiez pas tenir votre engagement faute de pouvoir boucler votre budget.

Juste derrière ces murs, monsieur le Président, un autre président a reporté ce vote de plusieurs mois, mais c’est vrai qu’il ne semble plus avoir de majorité. Nous imaginons tous les conséquences néfastes de ce report pour les picards.

 

Au début de cette année, vous avez fait voter par votre majorité le plus mauvais budget qu’ait connu notre collectivité. J’en rappelle quelques aspects significatifs pour celles et ceux qui auraient la mémoire courte :

-          Une augmentation des impôts de 13,2% qui pèse sur le pouvoir d’achat des ménages.

-          Une hausse des emprunts de 37% qui hypothèque les investissements futurs.

-          Une erreur de 6 millions d’euros sur le produit des droits de mutations parce que vous avez refusé d’anticiper les conséquences de la crise venue des Etats-Unis.

-          Une hausse des dépenses de fonctionnement de 6% dont vous vous rendez compte qu’elle n’est pas tenable.

-          Une réduction de certaines aides alors que des subventions à des associations qui vous sont proches, augmentaient, elles, de plus de 400%. Une forme de clientélisme ciblée !

-          La négation de la réussite au profit d’un certain misérabilisme. Un état d’esprit qui traduit le manque d’ambition pour la Somme.

 

Au début de cette année, monsieur le président, j’étais curieux de voir comment vous alliez présenter votre premier budget, aujourd’hui, pour le deuxième budget, c’est l’inquiétude qui nous gagne.

-          Je suis inquiet en constatant que vous ne corrigez pas vos erreurs de 2009.

-          Je suis inquiet sur la réalité des recettes que vous avez inscrites pour 2010.

-          Je suis inquiet sur vos choix politiques en matière de dépenses.

-          Je suis inquiet du non-respect de vos promesses.

-          En résumé, je suis inquiet pour les habitants de la Somme.

Car, finalement, votre projet de 590 millions d’euros, n’apporte que des corrections infimes aux actions décidées en 2009. La seule chose que vous puissiez dire, c’est qu’il augmente de près de 4%. Vous nous dite qu’il est équilibré en dépenses et en recettes, permettez-moi d’émettre des doutes sérieux.

 

D’abord des doutes sérieux sur certaines recettes :

Comme je vous le disais à l’instant, le président du conseil régional n’arrive pas semble t’il à boucler son budget. J’aurais aimé dire, c’est son affaire, c’est son problème. Mais il faut être sérieux, c’est grave, très grave.

La lettre rendue publique de son vice-président chargé des finances fait planer des menaces graves sur la tête des picards. Elle fait aussi peser des menaces sur nos recettes car, je le rappelle, vous avez signé avec force de communication, un contrat avec la Région qui doit s’engager à nous apporter 110 millions de subventions.

Imaginez un instant que la Région revienne sur sa signature et n’attribue pas les subventions que vous avez inscrites en recettes de nos budgets 2009 et 2010. Imaginez un instant qu’elle ne puisse pas verser quelques les subventions qui ont déjà été attribuées. Croyez vous vraiment mes chers collègues, que notre budget puisse supporter une perte de recettes de 110 millions d’euros ? 20% du budget ! Evidemment, non.

 

Comme je le disais aussi tout à l’heure, en 2009, vous avez commis une erreur d’estimation de 6 millions d’euros sur les droits de mutation. Pour 2010, vous nous proposez de reconduire le montant fixé en juillet dernier. Alors, la vraie question que nous devons tous nous poser est la suivante : est – il réaliste de considérer que le montant des transactions immobilières est stable dans la Somme ? Je vous l’accorde, c’est une question difficile et la réponse ne coule pas de source.

Mais moi, comme vous, je lis les titres de la presse économique. Qu’ont-ils dit récemment ? Sur l’année, le recul des prix se situerait aux alentours de 4,4% (Les Echos du 26 novembre). Le redressement de l’immobilier a ralenti au 3ème trimestre (Les Echos du 24 novembre). La Somme peut-elle échapper à ces tendances nationales ? Je ne le crois pas. Avec le souci de la sincérité budgétaire que vous affichez, vous auriez dû prévoir une nouvelle baisse des droits de mutation plutôt que de la maintenir artificiellement.

 

Et puis, toujours dans le domaine, de nos recettes, votre projet de budget nous réserve des surprises de taille.

Ainsi, pour la compensation du revenu de solidarité active, le R.S.A., vous inscrivez une recette d’un peu plus de 54 millions, contre 46 millions en 2009. 8 millions de plus mes chers collègues. C’est plus que la hausse des dépenses du R.S.A. ! Pourtant, à bien écouter notre collègue en charge des finances, les compensations de l’Etat sont toujours insuffisantes. Et là, sans commentaire dans le rapport, voilà une compensation de l’Etat qui augmente de 18%. Vu tout ce que nous avons entendu sur le soi-disant plan de rattrapage, nous n’allons pas nous plaindre de percevoir 8 millions de plus. Mais est-ce une réalité sonnante et trébuchante ou est-ce encore une estimation pour boucler le budget ? Encore un chiffre qui sème le doute, monsieur le président.

 

De même pour la taxe sur les conventions d’assurance. Son produit augmente de plus de 6%, 2 millions de plus. Voilà encore une bonne nouvelle en provenance de l’Etat. Pourtant, sauf erreur de ma part, il n’y a pas eu de nouveaux transferts de compétences à part les droits d’option des agents de la DDE. Nous savons tous combien l’Etat est généreux et une hausse de 6% sur cette taxe est très surprenante ! Encore une fois, c’est un chiffre qui sème le doute, monsieur le président.

 

Mais, après ces quelques questions fondamentales, je voudrais aussi vous dire, monsieur le Président, que votre rapport retraçant les projets de recettes est, pour la première fois, assez clair. Il m’a permis de noter ici et là quelques chiffres significatifs :

-          Le produit des impôts directs, 235 millions d’euros, augmentent de 4%. Sans augmenter les taux, sans toucher à la taxe professionnelle, cela veut dire que les bases de taxe d’habitation et de foncier, augmentent de plus de 8%. Page 22, vous avez écrit 2%. 6 points d’écart ! Cherchez l’erreur !

-          Les allocations compensatrices versées par l’Etat au titre de la fiscalité augmentent de 4%. Dans votre rapport page 21, vous écrivez moins 3,4%. Cherchez encore l’erreur !

-          Le fonds de compensation de la TVA augmente de 37%, deux millions de plus. C’est le résultat du plan de relance voté par la majorité parlementaire. Mais il faut savoir que cette recette importante, près de 8 millions d’euros, repose sur une condition à remplir : celle de maintenir un niveau élevé d’investissement. Que se passerait-il si, par exemple, les investissements baissaient, ne serait-ce que de 1%. Et bien, fini le remboursement anticipé de la TVA. Comment feriez vous pour trouver 8 millions ? Et j’ai des doutes, monsieur le président, sur votre capacité à maintenir l’effort d’investissement et, par conséquent, à compter sur cette recette. Et, si ce n’est en 2010, ce sera le cas en 2011.

 

Quant aux emprunts que vous maintenez à un niveau élevé, en portant de plus leur durée de remboursement de 15 à 20 ans, je n’ai qu’une certitude, c’est que vous creusez la tombe de la capacité d’investissement de notre collectivité pour une génération. Je me suis déjà longuement exprimé sur ce sujet lors du débat d’orientation budgétaire. Vous faites, monsieur le président, une vraie erreur stratégique. Et comme les crédits à la consommation, nous allons finir, si cela continue, en commission de surendettement !

 

En conclusion sur la partie de mon propos consacrée aux recettes, j’émets des doutes plus que sérieux sur la réalité de vos estimations. Et si ces doutes se vérifiaient, cela voudrait dire que votre budget serait finalement déficitaire. Cela voudrait finalement dire que votre budget n’est pas sincère. Vraiment, là, monsieur le président,  il y a de quoi être très inquiet pour 2010 et pire encore pour 2011.

 

Ensuite, vos choix politiques discutables en matière de dépenses :

Après les recettes, interrogeons-nous sur  ce que vous voulez faire de l’argent des contribuables de la Somme.

Vous avez le choix politique d’augmenter certaines dépenses, vous avez le choix politique d’en baisser d’autres. En outre, certaines évolutions posent questions.

 

Tout d’abord, le choix politique discutable d’augmenter certaines dépenses

 

A vous écouter depuis des mois, vous n’avez pas assez d’argent pour mener une politique généreuse. Comme d’habitude, c’est de la faute de l’Etat, oubliant au passage de critiquer les gouvernements socialistes qui se sont succédés qui ont ruiné notre pays. Bref, notre collectivité est en difficulté financière. Vous avez fait un audit. Vous avez saisi la Chambre régionale des comptes. Très bien, tous ont confirmé qu’il fallait réduire les dépenses et certains investissements.

 

Vous semblez avoir oublié les conseils de ces spécialistes des finances départementales, quand nous constatons avec quelle facilité, vous augmentez certaines dépenses. Je vais n’en citer que quelques unes pour illustrer une certaine folie des grandeurs.

 

Le transfert de l’I.U.F.M. pour 5 millions d’euros. L’institut universitaire de formation des maîtres, mais n’est-ce pas monsieur le Président, une compétence de l’Etat ? Je croyais que vous ne vouliez plus participer à ce que vous demandait l’Etat ! Ah oui, j’oubliais, le maître d’ouvrage est Amiens Métropole. Ca change tout, c’est un ami à vous je crois. Peut-être que pour vous, 5 millions d’euros pour un déménagement d’une unité de l’université, ce n’est rien. Pour nous c’est beaucoup, c’est trop, vous n’auriez même pas dû nous le proposez, tant vous êtes en contradiction avec vos propos du débat d’orientation budgétaire. Vous êtes pris en flagrant délit de non-respect de vos engagements d’hier et d’avant-hier !

 

Le projet Vallée de Somme avec une rénovation de SAMARA. Sur le principe, je ne vais pas vous contredire, puisque c’est nous qui sommes à l’origine de ce projet de mise en valeur de la vallée et de ses affluents. Mais, il y a une chose fondamentale qui nous sépare, c’est le coût pour SAMARA. Dans notre esprit, il n’était pas questions de consacrer des millions supplémentaires à cet équipement. Mais comme vous présidez SAMARA, il est tout à fait humain que vous ayez envie de faire quelque chose qui reste après votre départ de la présidence. Il est un peu plus surprenant toutefois que vous n’hésitiez pas à hypothéquer nos finances pour faire plus de dépenses, en investissement et en fonctionnement. Ce parc sera toujours déficitaire et ne pourra jamais rembourser les emprunts. Combien va nous coûter votre ambition ? Vous êtes étrangement silencieux dans vos rapports au budget primitif. Pendant ce temps, aucun équipement structurant n’est financé dans nos territoires, ni en matière scolaire, ni en matière sportive, ni en matière culturelle, ni en matière de santé. Si nous avions des dizaines de millions d’euros pour réaliser des RPC, des piscines, des médiathèques, des maisons de santé, que de projets de développement nous pourrions faire pour les habitants de la Somme. Mais pour ça, la réponse est toujours la même, il n’y a plus d’argent au conseil général. Nous, nous dirons qu’il n’y en a pas pour tout le monde, monsieur le président, puisque tout s’en va à SAMARA !

 

La modification des compétences et de l’aire d’intervention du syndicat mixte Baie de Somme-Grand Littoral Picard, est de la même trempe. Pas un seul chiffre sur ce que vont coûter aux ménages de la Somme, ces évolutions que vous souhaitez mordicus.

 

Et puis, il y a la grande nouveauté de ce budget. Quelque chose à laquelle personne n’avait pensé jusqu’à présent. Quelque chose d’extraordinaire qui doit changer la vie quotidienne des habitants de la Somme. Un grand concert des musiques du monde ! Pour tout vous dire, je crois en avoir déjà entendu parler. C’était il y a 6 ans je crois. Nos services avaient déjà travaillé un peu sur ce sujet. L’impossibilité de trouver un site susceptible d’accueillir des milliers de personnes, la question de la sécurité et surtout celle du coût, nous avaient tous fait reculer. Le projet avait donc été classé. Et voilà qu’il ressurgit comme par miracle, histoire d’alimenter votre bilan à la veille des prochaines cantonales. Et là, pas de problème pour dégager 300.000 € pour financer ce spectacle. Ne me parlez pas des 200.000 € de recettes, ce n’est qu’un chiffre mis sur le papier pour faire passer le projet. Bien malin celui qui peut estimer le volume des entrées pour un spectacle.

Donc, comme je le disais, il n’y a pas de problème pour trouver 300.000 € pour faire un spectacle. Il y en a pour donner une petite subvention à une commune rurale. Il y en a pour boucler le budget de fonctionnement de notre administration. Il y en a pour aider une association qui lutte contre l’alcoolisme. Mais, pour un spectacle, il n’y en a pas. Voilà un choix politique que le habitants et les contribuables doivent connaître !

 

Et pour financer cette folie des grandeurs, vous avez décidé de baisser quelques dépenses.

 

Une injustice criante dans la baisse de certaines dépenses

 

Je vais vous citer quelques exemples qui illustrent votre choix arbitraire, donc injuste, de baisser certaines dépenses.

 

Prenons l’exemple des subventions aux associations. Au débat d’orientation budgétaire, vous nous avez annoncé fièrement que vous alliez les baisser de 6%, toujours compte tenu du manque d’argent pour faire ce que vous avez envie de faire. A mes questions, vous m’avez renvoyé au budget primitif et je me suis donc attelé à vérifier vos propos.

Qu’ai je constaté malgré l’opacité qui règne dans vos choix. Les subventions aux Anciens Combattants vont diminuer de 14% pour pouvoir économiser 17.000 €.

Dans un département comme le nôtre, marqué par l’histoire et les souffrances des soldats mais aussi des civils

Dans notre pays où le devoir de mémoire est essentiel pour transmettre nos valeurs républicaines aux jeunes générations

Il est honteux, je dis bien honteux, de prendre à ces associations d’anciens combattants, sans ressource, et dont le dévouement n’est plus à prouver, pour financer vos investissements faramineux.

C’est indigne de vous, monsieur le président, si ce choix stratégique est vraiment le vôtre.

 

Si toutes les associations avaient connu le même sort, mon exposé n’aurait sans doute pas eu la même tonalité. Mais on peut constater que certaines échappent à la politique de rigueur. Je pourrais vous citer le fédérations Léo Lagrange ou encore les Francas, dont on connaît la proximité avec vos idées. J’ai plein d’autres exemples. Voilà une injustice flagrante.

 

Maintenant, prenons l’exemple des frais de fonctionnement de notre administration. Page 30 de votre rapport, vous écrivez que la baisse de 25% imposée à nos agents, je vous cite monsieur le président « traduit la volonté de maîtriser les dépenses et l’engagement en faveur du développement durable ». Dit comme ça, on aurait tendance à croire que c’est possible.

Je veux bien vous concéder combien il est difficile de réduire les frais de fonctionnement alors que le nombre d’agents ne cesse d’augmenter. Le tableau des effectifs démontre en effet une hausse de 17% du personnel du Conseil général.

D’un côté vous augmentez considérablement le nombre d’agents, de l’autre vous les privez des moyens de fonctionner. Belle gymnastique intellectuelle.

 

Si encore, cette baisse s’appliquait à tous, mon propos n’aurait encore une fois, par la même teneur. Mais il n’en ait rien. En effet les satellites du Conseil général ne subissent pas la même austérité.

-          Le fonctionnement du Syndicat mixte Baie de Somme Grand Littoral Picard : augmentation de 13% !

-          Celui du SDIS : augmentation de 10% par an pendant 3 ans !

-          Sans parler de l’Historial ou du Centre départemental de l’enfance et de la famille.

 

Nous avons le sentiment que vous imposez la rigueur à nos agents pour couvrir le manque de rigueur dans les satellites de notre collectivité. Là encore, il s’agit d’une injustice dans vos choix politiques.

 

Après la folie des grandeurs et l’injustice, quelques observations concrètes qui en disent long sur vos choix.

 

Prenons l’exemple de la voirie départementale. Voilà un domaine qui est une compétence légale, indiscutable, qui ne souffre d’aucune discussion.

Vous nous avez reproché d’avoir pris du retard dans l’entretien et la modernisation de notre réseau routier. Vous avez annoncé que ce serait l’une de vos priorités. Bref qu’on allait voir ce que l’on allait voir.

 

Et bien qu’est ce qu’on voit ? L’entretien de la voirie baisse de 10%, l’exploitation de 20%, un budget total consacré à cette compétence en diminution de 14%, soit 4 millions d’euros en moins pour les routes.

Mais dans le même temps, comme dans un système de vases communicants, vous n’avez aucun problème à mettre 1 million 4 pour votre projet de « vélo voie verte » qui coûte au bas mot 15 millions d’euros.

 

Moralité, vous préférez développer des espaces de loisirs cyclistes, certes importants, à la sécurité routière de ceux qui travaillent, des transports scolaires et de tous ceux qui doivent se déplacer. C’est votre choix, ce n’est pas le nôtre.

 

Je comprends mieux pourquoi vous répondez à nos collègues qui demandent des aménagements routiers, qu’il n’y a plus de crédits.

 

Quant aux collèges, autre domaine de compétence, globalement, les crédits d’investissement sont d’une parfaite stabilité. J’ai connu l’époque où notre majorité consacrait 20 millions d’euros aux travaux dans les collèges. Vous nous disiez : « ce n’est pas assez ! » « il faut faire plus, beaucoup plus ». Vous nous avez même accuser de baisser les crédits à la veille des cantonales de 2008. Et vous, que faites vous ? Vous maintenez le niveau d’investissement à 12 millions d’euros.

Je connais d’avance votre réponse : vous aller faire un plan prévisionnel d’investissements dans les collèges. Cela va faire deux ans que vous nous l’annoncez. Je me demande quel est le problème qui vous tétanise au point de ne pas sortir ce plan ? Serait-ce la baisse prévisionnelle des effectifs dans les collèges publics pour des raisons démographiques ? Cette baisse des effectifs vous conduira t’elle à fermer des collèges ?

Et puis, vous me répondrez qu’il y aura, dans un avenir plus ou moins proche, 15 millions d’euros pour l’accessibilité des collèges. C’est une obligation que nous connaissons bien en tant qu’élus locaux. Sur le fond, il n’y a pas discussion. Mais sur le financement, quand seront inscrits les crédits de paiement, quelles économies allez vous faire pour payer ces investissements ?

 

Quant aux bâtiments administratifs, éléments essentiels du fonctionnement de notre collectivité, nous avons quelques questions à vous poser. A la clôture du débat d’orientation budgétaire, vous avez lâché du bout des lèvres que des centres médico-sociaux seraient fermés. Alors, monsieur le président, lesquels ? Les élus, le personnel, les habitants des territoires, veulent connaître votre liste.

Vous avez oublié de nous parler de la fermeture de certains centres d’exploitation technique qui entretiennent nos routes ? Pourquoi ? Lesquels seront fermés ?

Derrière cette volonté de réduire le nombre de sites de l’administration départementale, nous avons le sentiment que le service public va s’en trouver affecté, encore une fois en milieu rural. Encore une fois, ce sont les habitants de nos villages qui vont subir vos choix et pas ceux des villes. Encore une injustice !

 

Quant à l’allocation personnalisée à l’autonomie, sans revenir en détail sur mes propos de ce matin, vous annoncez une hausse des bénéficiaires, les tarifs augmentent, et vous nous avez demandé ce matin de voter une réduction des crédits de 3,3 millions d’euros et cet après-midi, de maintenir les crédits. C’est incompréhensible ! Nous doutons sérieusement que vos propositions soient réalistes pour l’année 2010.

 

Quant à l’aide aux communes rurales, nous n’avons cessé de dénoncer l’usine à gaz que constitue la PACTe. Votre système ne marche vraiment pas. Les crédits 2009 sont loin d’être engagés. Des crédits sont perdus par les communes. Les dossiers sur les logements sont impossibles à monter.

Oui, votre PACTe manque de souplesse.

Oui, votre PACTe se fait au profit d’Amiens, je ne dis plus d’Amiens Métropole car les villes de la périphérie se plaignent que la ville centre phagocyte plus de 80% des crédits.

Bien malin celui qui peut s’y retrouver sur les besoins en crédits de paiement pour 2010. Un seul exemple : le concours exceptionnel aux petites communes de moins de 500 habitants en cas de coup dur. Au 1er décembre, sur les 3 millions d’euros de programme, vous avez engagé 0,1%, soit 3.284 €. Le crédit de paiement était de 400.000 € pour 2009. D’ores et déjà, 397.000 € sont perdus, ou, dans votre esprit, ne sont-ils pas gagnés sur le dos des communes ? Et pour 2010, en plus, vous osez nous proposer 500.000 € !

Cette aide est tellement exceptionnelle, que personne ne peut y prétendre. Effet des critères restrictifs, le résultat est là, c’est un simple effet d’annonces.

 

 

Comme en matière de recettes, nous sommes très inquiets sur l’évolution que vous avez choisie de vos dépenses. L’effet de ciseau entre recettes et dépenses de fonctionnement se détériore encore un peu plus. Vous êtes dans votre logique du « toujours plus ». Vous êtes enfermé dans votre idéologie. Vous avez du mal à tenir vos promesses.

 

Et vous avez aussi du mal à respecter à nos délibérations

L’une des missions d’un président et des vice-présidents, est d’exécuter les décisions prises par notre assemblée, qu’elles leur plaisent ou non.

 

En tant qu’opposition, nous nous sommes fait un devoir de faire des propositions d’amélioration des politiques départementales.

En lisant attentivement vos rapports, j’ai eu la surprise agréable de constater que deux d’entre elles avaient été retenues :

-          La première sur les travaux d’assainissement individuel chez les particuliers

-          La seconde, sur les travaux d’extension électrique pour les éleveurs.

 

Nous tenons, monsieur le président, à vous remercier d’avoir retenu ces deux petites propositions parmi toutes celles que nous avons faites. Nous espérons seulement que les critères d’attribution de ces subventions ne seront pas aussi décourageants que ceux pour l’aide aux logements.

 

Par contre, malgré des engagements clairs de votre part ou de la part de vos vice-présidents, en séance publique, nous n’avons encore rien vu sur la gratuité de la téléalarme des personnes âgées dépendantes, nous n’avons encore rien vu sur les abonnements domicile-travail, nous n’avons encore rien vu sur le chèque permis de conduire, nous n’avons encore rien vu sur le versement de l’allocation de scolarité sous forme de chèque.

Qu’avez vous fait depuis 18 mois que nous en parlons ensemble ?

A moins que ce ne soit le vice-président chargé des finances qui bloque le processus, contestant de ce fait vos engagements !

 

 

Deuxième domaine d’intervention sur vos promesses, la qualité du travail des conseillers généraux.

 

Je dois reconnaître que les rapports consacrés à notre politique éducative et à celle pour le sport, sont clairs et mettent en évidence soit la réglementation en vigueur, soit les délibérations de principe que nous avons prises.

C’est un bon début monsieur le président, et je vous invite à en faire de même dans les rapports du social. Ce serait, j’en suis sûr, très instructifs pour tout le monde, vous comme nous.

 

Mais ce satisfécit, je ne vous l’adresse pas monsieur le président, concernant la politique culturelle.

Dans un rapport de budget primitif, j’ai rarement vu aussi peu de précisions sur les chiffres des dépenses et, à l’inverse, autant d’envolées lyriques sur les bienfaits de la culture pour les actions de solidarité. A croire que les écoles de musique dans nos campagnes n’intéressent plus dans cette maison. Par contre, faire des plans et des schémas, oui !

 

Mais nous ne sommes pas au conseil régional, monsieur le président, capable de faire des schémas sur toutes sortes de sujets, sans aucune prise avec la réalité et surtout sans traduction concrètes.

Pire, et vous le savez très bien, nous sommes à la veille de lois clarifiant les compétences de collectivités locales. Le domaine de la culture en fera naturellement partie.

Alors, à quoi bon perdre du temps et de l’argent à faire des schémas en 2010, si tout doit être refait en 2011.

La clairvoyance aurait voulu que vous attendiez un an avant de vous lancer dans ce travail philosophique.

 

Et ça, c’est que je pense avec l’ensemble de mes collègues.

 

Mais il est une chose plus personnelle qui me choque pour ne pas dire qui me vexe. Vous évoquez longuement l’avenir du Centre culturel de Saint-Riquier, dossier que je connais bien et sur lesquels nos services ont travaillé il y a quelques années avec ceux de la DRAC.

C’est un dossier complexe : besoin de financement important pour sauvegarder les bâtiments, difficultés à trouver une affectation aux différents sites qui puisse générer des activités porteuses d’avenir, sans parler des recherches de partenaires financiers ni des montages juridiques.

Sur tous ces points comme sur l’évolution du festival de Saint-Riquier, j’ai la faiblesse de penser que je peux être utile à notre collectivité.

Et bien, à aucun moment, vous n’avez pris soin de me rencontrer, de prendre mon avis, de recevoir mes propositions.

Et je tiens à vous dire que je prends cela pour un manque de respect à mon égard !

 

En conclusion

Fidèle à ses positions de vigilance et d’esprit constructif, les élus du groupe Centre et Non-inscrits avec celui de l’UMP, vous ont déposé 17 vœux et amendements. Ils permettront d’enrichir le débat sur ce triste budget primitif 2010, ils permettront, nous l’espérons, d’améliorer certaines propositions, ils permettront aussi d’éclairer les habitants sur certains de vos choix.

 

Vous avez coutume de dire, monsieur le président, que « l’utopie d’aujourd’hui sera la réalité de demain ». Aujourd’hui, vous êtes toujours dans l’utopie, nous, nous sommes déjà dans la réalité.

 

Hasardeux et injuste, voilà ce qui qualifie votre projet de budget.

 

Je vous remercie.

 

Lun 7 déc 2009 Aucun commentaire