Jeudi 5 août 2010
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Ce programme se déroule au cœur d’une zone de production de légumes d’industrie avec la présence d’usines de
transformation en l’occurrence Bonduelle dont la volonté est de pérenniser une zone de culture. Les objectifs sont multiples :
- Préserver la productivité et un haut niveau
de qualité
- Tester les possibilités offertes par les
méthodes alternatives
- Expérimenter et tester des techniques
permettant de réduire l’usage des intrants
- Valoriser d’avantage l’agronomie avec
moindre recours à la chimie
- Valider les techniques et s’assurer
qu’elles soient pérennes à partir d’un réseau de 8 fermes pilotes.
Il existe deux groupes initiés par AGROTRANSFERT. Le premier a été crée en 2002 et concerne des
exploitations polycultures et polyculture élevage. Dans le canton de Ham, on retrouve les exploitations de Bruno Picart à Ham et de Hugues Desmaret Le second sur le même principe que le
premier vient d'être formé au printemps 2010 pour une expérience de 5 à 7 ans, mais ne concerne que des exploitations avec cultures industrielles (Pomme de terre, haricots, oignons...). Les
industriels sont associés à cette expérience. Dans le canton de Ham, il s’agit de la ferme de Nicolas Vanhamme à Esmery Hallon.
Les chambres d’agriculture de Picardie organisent des actions comme :
- Des essais « bandes » annuels
pour tester différentes stratégies de réduction des herbicides sur légumes
- Des essais pluriannuels sur des parcelles
de référence
- Un accompagnement technique des
producteurs
De nombreux partenaires : la chambre d’agriculture de la Somme, agro-transfert, INRA, OP-L-VERT,
EXPANDIS, Bonduelle, UNILET, FREDON. Entre agriculture conventionnelle et agriculture biologique se situe la protection intégrée avec le soutien financier du Conseil régional et du Conseil
général de la Somme.
Lors de la manifestation organisée à Esmery Hallon, les invités ont pu apprécier l’efficacité de
nouvelles machines telle que la houe rotative, la herse étrille, les désherbineuses.
La démonstration se place dans la perspective de l'obligation, pour 2018, de réduire les
utilisations de produits de santé végétale de 50% dans le cadre du plan ECOPHYTO 2018, suite au Grenelle de l'environnement. Pour toutes les cultures, les différents organismes techniques
testent des méthodes , dites, alternatives, pour limiter l'utilisation des produits chimiques "si possible".
Le , "si possible" est très important car pour des cultures comme les haricots verts, par exemple, les
sociétés phytosanitaires ne cherchent plus de produits nouveaux ayant peut-être moins d'impact pour l'environnement, car le marché est trop petit et il n'y a pas de retour sur leur
investissement. Mais il faut quand même produire des haricots verts sans mauvaises herbes dans le champ et donc dans les boites. Les machines de récoltes ne peuvent pas faire la différence entre
des bonnes et des mauvaises herbes. Il faut donc des techniques de désherbage qui "mixent" les méthodes mécaniques (binage, herse étrille, houe rotative) avec des méthodes chimiques
(désherbinage).
L’agriculteur d’aujourd’hui est conscient des objectifs à atteindre mais réaliste sur les difficultés pour y parvenir et
pour la mise en œuvre de ces techniques.
Dans cette démarche, le producteur et le consommateur doivent y retrouver des intérêts. Pour le producteur, il faut préserver son revenu. Si ce n’est pas le cas, il ne rentrera pas dans ce démarche et les légumes viendront d’ailleurs, là où il n’y a pas ces mêmes
contraintes. Les pays de l’est sont capables de produire et ce sont parfois des agriculteurs français qui dirigent ces fermes. Objectivement, demain, si Bonduelle peut acheter des légumes moins
chers qu’en France, il le fera. Dans la situation actuelle, cette démarche semble compromise à moins que l’agriculteur ne soit contraint de le faire.
Pour le consommateur, il trouvera des produits de qualité irréprochables (aspect et goût) et des produits alimentaires à
un prix raisonnable.
L'agriculture intégrée est un challenge gagnant/ gagnant entre l'agriculteur et le citoyen consommateur. Elle préserve le
revenu et répond aux attentes sociétales en matière de protection de l'environnement.
Pour le moment ces méthodes ne sont pas assez satisfaisantes pour remplir le cahier des charges de BONDUELLE, à savoir des champs indemnes à presque 100% de mauvaises herbes. Il faut remplir
beaucoup de critères pour obtenir un bon résultat: il faut pouvoir passer tous les 2 ou 3 jours dans le champ sur un sol pas trop sec ni trop humide, qu'il ne fasse pas un orage entre 2 passages
, que la parcelle ne soit pas trop enherbée, que la culture soit suffisamment développée pour résister au passage de la machine, que les mauvaises herbes soient présentes mais assez petites
pour être détruites facilement. Cela va demander une très bonne organisation , une très bonne disponibilité de la machine. Compte tenu du coût entre 30 000 et 40 000euros pour une
désherbineuse, il faudra envisager un achat à plusieurs et sûrement du travail la nuit avec des difficultés pour les caméras de bien distinguer la végétation.
En matière de production intégrée, il y a encore du travail mais les agriculteurs sont confiants.
Retrouvez un diaporama intitulé « Production intégrée »
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