Lundi 22 novembre 2010
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Dans la rubrique, « Votre avis m’intéresse », Grégory Labille,
Conseiller général souhaiterait recueillir votre avis sur un sujet de société : les rythmes scolaires. Vous êtes parents, enseignants, responsables associatifs, élus, étudiants, vous avez
tous un avis sur ce sujet.
Damien a 10 ans, il est scolarisé en CM1 dans une école de Ham. Ses parents
travaillent tous les deux. Il est donc réveillé chaque jour à 7h00. Ses parents le déposent à la garderie à 7h45. 9h00, il regagne sa classe jusque 12h. Durant ces trois heures, il aura eu une
pause de 20minutes. A 12h, il est pris en charge par le personnel municipal pour se rendre au restaurant scolaire. A 13h10, il quitte le restaurant
scolaire et a une pause de 30 minutes. A 13h45, il regagne sa classe jusque 16h45. Durant ces trois heures, il aura à nouveau une pause de 20 minutes. A 16h45, il prend un goûter. A 17h et compte
tenu que son école est rattachée au collège en Réseau de Réussite Scolaire, il bénéficie d’une prise en charge gratuite par un enseignant pour de l’aide aux devoirs, des activités culturelles et
sportives dans le cadre de l’accompagnement éducatif. A 18h15, ses parents viennent le rechercher. Il aura passé 10h30 à l’école, tout comme d’ailleurs Lucie sa petite sœur de 5ans, scolarisée en
grande section. Son cousin Léo, scolarisé au collège en 5ème et habitant la commune de Monchy Lagache, aura, quant à lui, pris le car à 7h15 le matin et sera revenu le soir à 18h00. Sa
cousine Mélanie, scolarisée en 6ème, habite Ham en face du collège. Sa maman ne travaille pas ,alors elle est externe et rentre chez elle à 17h15.
Tout cela pour dire qu’à chaque enfant, un rythme de vie qui lui est propre.
Comment faire alors pour aménager un temps scolaire qui pourrait convenir à tous et pourrait s’inscrire dans le temps de l’enfant ? Le sujet est complexe mais mérite que l’on s’y attarde.
C’est un sujet de société qui nous concerne tous, élus, enseignants, parents, grands parents et surtout enfant.
C’est dans ce contexte, que le ministre de l’Education Nationale lance une
grande consultation sur les rythmes scolaires. Dans toutes les écoles, dans tous les établissements du second degré collèges et lycées, les enseignants, les parents, les élus, parfois même les
élèves sont invités à participer au débat en donnant leur avis sur la situation et en proposant des solutions.
Cette consultation fait suite aussi à la suppression des heures de cours du
samedi matin dans le premier degré depuis la rentrée 2008, heures réparties dans les 4 jours de la semaine au profit des élèves en difficulté. On a encore diminué le nombre de jours de classe et
augmenté le nombre d’heures de cours dans la journée.
Des expériences dans le cadre des contrats d’aménagement du temps de l’enfant
(C.A.T.E) et
de l’aménagement des rythmes de vie des enfants et des jeune (A.R.V.E.J) ont été menées pour tenter
d’aménager le temps de l’enfant. Mais peu d’expérience sur l’organisation même du temps de l’élève, quelques écoles pilotes sur des dispositifs de semaine à 4 jours en écourtant les grandes et
petites vacances et en diminuant le nombre d’heures de classe par jour.
Les contrats éducatifs locaux nés en 1998 réunissant des élus, des
enseignants, des parents d’élèves, des responsables associatifs devaient permettre de mettre en place des réflexions sur l’organisation des temps de l’enfant en assurant une cohérence et une
continuité des différents temps de vie de celui-ci.
Par ailleurs, de nombreuses recherches ont été réalisées sur la
chronobiologie par les professeurs Hubert Montagnier et François Testu notamment dans les ouvrages « les rythmes scolaires ou pourquoi il faut changer l’école » . Des préconisations ont
été formulées. En résumé, l’enfant s’adapte difficilement aux changements de rythme. Le fait qu’il n’y ait pas d’école le mercredi engendre des problèmes d’attention le jeudi matin. La journée
durant laquelle les élèves se montrent le moins attentif est le lundi à cause de la coupure du samedi et du dimanche. La suppression des cours le samedi matin a entraîné une difficulté
d’attention le lundi mais qui se prolonge jusqu’au mardi matin. Par ailleurs, les recherches ont prouvé que les pics d’attention de situaient entre 8h30 et 11h30 et de 15h à 17h. L’alternance 7
semaines de classe, 2 semaines de vacances doit être assurée afin de permettre aux élèves un repos réparateur. La concentration et l’attention des élèves sont aussi fonction de l’activité
proposée et de la qualité de l’enseignement, des démarches mises en place, des effectifs, du contexte social, de la place de l’Ecole dans la famille.
Aujourd’hui le ministère de l’Education Nationale lance cette
consultation
Mais quelle est la situation de la France dans
l’Europe ?
La France est le pays d’Europe où les journées de classe sont les plus
longues et où le nombre de jours de classe est le moins important. C’est aussi le seul pays dont les congés d’été durent 8 semaines. Cela a une origine historique avec la nécessité de main
d’œuvre durant la moisson ou les vendanges.
Autre élément de réflexion. On a souhaité favoriser le retour à une activité professionnelle
de la mère de famille. Face à l’augmentation du taux de natalité et au déficit de structures d’accueil de la petite enfance, il a donc fallu assurer l’accueil précoce dans les écoles parfois même
dès deux ans. La journée de classe d’un élève de maternelle de 3ans est la même qu’un élève de 11ans en CM2, leur rythme biologique sont-ils les mêmes? Certains pays ont fait le choix de ne
scolariser les enfants qu’à partir de 6ans.
Des solutions existent. Faudra t-il laisser davantage d’autonomie aux
établissements afin que les aménagements proposés puissent tenir compte des spécificités du territoire ? Un exemple : suivant que
l’établissement se situe dans un territoire rural ou urbain les temps de déplacement entre l’établissement et le domicile ne sont pas les mêmes, il faut pouvoir le prendre en compte et peut être
que l’internat serait une des solutions.
La France n’est pas le pays d’Europe où l’on réussit le mieux. L’une des
origines de l’échec scolaire ne serait-elle pas dans l’organisation même de l’école. Il est indispensable de recueillir l’avis d’un plus grand nombre sur ce sujet même si les préconisations des
chercheurs indiquent ce qui doit être fait. C’est donc en effet, un sujet de société majeur, un grand chantier de réflexion qui est engagé mais souhaitons que les solutions ne sont pas déjà
écrites.
Votre avis m’intéresse….
Vous pouvez aussi retrouver les documents sur l’organisation de cette
consultation en cliquant sur le lien ci-dessous
http://www.rythmes-scolaires.fr/conference